mardi 21 juin 2022

Méditation

Un moment de silence intérieur
Une fleur épanouie
Fécondité de l'esprit serein

La turbulence affleure et 
Piétine l'émergence
De l'esprit fécond

Alors
Prière et soif du retour
À l'esprit profond
Le regard se tourne
Vers ce que personne
Ne perçoit
Indéfinissable et ineffable
Paysage du non-dit
C'est l'instant 
De la conscience
Du soi

Mais
Encore une halte
Présence
Au monde extérieur
Qui nous entoure
Éphémère et éternel
Se rejoignent
Aperçu de l'Éveil
            AMML 4 V 2019

Comme une apparition

 Là, assise
Au milieu du désert
Sur le mamelon
De la dune
Dans ta robe bleu coton

Les petits objets
Babioles bariolées
Censées attirer
Le regard de l'étranger
Taches de couleur
Sur le sable ambré

Au loin, tes chameaux
Broutent

Quelle misère extrême
T'a posée là
Pour attendre
L'aléatoire passage
D'une compassion ?
        AMML 22 IV 2019

dimanche 19 juin 2022

Dunes

Les rafales de vent
Glissant sur le sable
Ondulant du désert

Des myriades de grains
Fouettant l'air

La dorure des arénités
Reflet incandescent
Du soleil
Plus que jamais
Astre de lumière

Que des dunes
Se succédant
L'infini est là
Mieux qu'ailleurs
Dans cette répétition 
Têtue des mornes

Monotone et fascinante couleur
Qui attrape notre regard
Et nous hypnotise.
                    AMML 21 IV 2019

Je cantonne ma folie

 Je cantonne ma folie aux discours polis que d'autres peuvent lire.
Seul le poème libère les filaments bleuis
De mes pensées délétères
Enfin éructées, elles s'amoindrissent comme peau de chagrin
Jusqu'au prochain embranchement de ronces
Qui me poussera à une saignée de mots
Pour accoucher l'angoisse, langue de lave qui brûle mon coeur et chavire ma tête.
                                                                                                   AMML 19 III 2019

Les autres

 Tous ont des aiguilles dans les yeux
Qui traversent ma tête fatiguée

Sur leurs têtes des dagues hérissées
Leur scintillement aveugle mon regard

Leurs corps traversés de serpents rouges
Qui affleurent à leur peau
Et menacent de gicler
Au moindre grincement de ma bouche

Et la leur dont la langue aiguisée
Paraît sous la bave blanchâtre
Pour blesser mes oreilles déjà meurtries

Leurs mains et leurs pieds fourchus
S'avancent et m'embrassent, m'étreignent
De leur brûlure et de leurs pointes

Mon coeur, mon corps et mon esprit se cambrent
Leurs mauvaises pensées ne m'atteindront pas.
                                                AMML 19 III 2019

La poésie sentinelle

La poésie sentinelle
De l'errance de mon esprit
Vagabond
Désolé de vivre une souffrance
Inutile : le mal des autres.

Le non-sens soudain 
Se dilue dans ses contours
Jusqu'à fondre
Misérable peau de chagrin.

La poésie rédime
De l'ivresse de la mélancolie,
De ses filets serrés
Qui me coulaient.

Rentrer en soi
Retrouver les délicates nervures du moi,
Les inonder de paroles,
Quelles qu'elles soient,
Elles abreuveront l'âme.

Une luminescence de sérénité
Éteindra les volcans noirs
De la désespérance.

Du pur jaillissement de mots
Advient la lumière...
                    AMML 11 III 2019

Un mal de vivre

 Un bouillonnement
De pensées fiévreuses

Le coeur battant
De mille mots
Étouffés
Qui se bousculent
À la lisière 
De l'âme

Pourquoi ce foisonnement
Douloureux
Telle une étreinte 
À la mort

Enfin la poésie
Qui libère l'esprit
L'instant d'un soupir
            AMML 11 II 2019